M. Mon Père et M. Mon Grand Père
2, Dans un lieu rempli d'amour,
Le Paradis
Melle Pauline, leur fille
1, Dans une chambre rose emplie d'eux,
Sur Terre
Le 21 février 2008, à Toulouse.*****************
A vous qui êtes là haut,
................Une petite fille m'a dit l'autre jour que son papa était au paradis, je me suis senti triste pour elle. Et puis elle m'a demandé où était le mien. J'ai réalisé que tu étais toi aussi là haut. Alors je lui ai répondu qu'il parlait là haut avec le sien. Qu'est ce que je pouvais dire à une si petite fille qui croit que le Paradis est un pays, et que son papa est seulement en voyage ? Et à moi ? Pourquoi ne m'a t on pas dit ça ? Et pourquoi a-t-il fallu que tu partes en voyage, un voyage dont tu ne reviendras pas, je le sais.
Parfois, dans la rue, je vois des petites filles sourirent à leur grand père avec un tel amour qu'il me rappelle celui que je te porte Papi. Je pensais te garder encore longtemps auprès de moi. Je ne pensais pas que ce cinéma serait la dernière des choses que je ferait avec toi. Tu avais encore plein de choses à me faire découvrir et à m'apprendre. Tu ne l'as pas fait. Toi aussi tu es parti en voyage, et tu n'en reviendras pas.
Je ne suis pas venue vous dire "au revoir". A aucun de vous deux. C'est mon plus grand regret.
Je me souviens seulement des derniers instants passée à vos côtés.
Papa, j'étais venue te voir à l'hôpital, comme je le faisais souvent. Et puis je t'ai fais un dernier bisou, un bisou que font les petites filles à leurs pères qu'elles aiment de tout leurs petits coeurs. Je suis partie, tu me regardais, tu me souriais, j'ai continué à avancer, je voulais avoir un dernier regard, mais tu t'étais retourné, j'étais sur le point de te dire que je t'aimais. Mais je ne l'ai pas fait. PUTAIN ! Je l'ai pas fait. Et depuis ce jour là, un immense regret me suis. Eternellement.
Tu es parti le lundi suivant... Et toi Papi, tu es venu me l'annoncer.
Je ne me doutais pas que pratiquement 2 ans, jour pour jour mon grand frère me dirait la même chose te concernant.
Quelques jours avant, on était allés au cinéma tous les deux, notre petit rituel, auquel je tenais tant. Tu m'as déposé à la maison, j'ai ouvert le portail, tu étais resté dans la voiture, je t'ai fait un sourire, que tu m'a renvoyé et un signe de la main, et j'ai regardé la voiture s'en allée. La voiture est partie, c'était la dernière fois.
Et puis ce coup de téléphone le surlendemain. Tu ne te sentais pas bien et moi j'ai pensé que ce n'était pas grave. Je l'esperais de tout mon coeur. Je ne suis pas venue chez toi avec maman, mais j'ai supplié le ciel, ou en tout cas quelqu'un qui pourrait m'entendre pour qu'on te garde avec nous encore un moment. Et personne ne m'a entendu, personne ne m'a exaucé. MAIS POURQUOI ?
Et puis Manu et Maman sont arrivés, j'avais un pressentiment, ca a pas manqué. Je me suis effondrée. Vous étiez tout pour moi. TOUT.
J'espère qu'aujourd'hui vous discutez avec le papa de cette fillette, je ne voudrais pas lui avoir menti.
Ca ne devait pas être un apitoiement sur moi même. Mais c'est assez libérateur. Vous me manquez, terriblement. Infiniment. Eternellement. Et je vous aime autant.Pauline